Le débat sur la sécurité des installations nucléaires françaises n’a pas encore connu son épilogue. En effet, le niveau de sûreté et de radioprotection, bien que devant être amélioré, a été jugé satisfaisant en 2016. Cette appréciation a été faite dans un contexte « préoccupant », selon l’Autorité de la Sureté Nucléaire (ASN). Celle-ci estime surtout que la sûreté des exploitations nucléaires est globalement maintenue à un niveau satisfaisant. L’organisme a tenu à publier un communiqué sur ce sujet.

L’ASN tempère ses propos

Il faut rappeler que l’année écoulée a été marquée par la mise en évidence d’une véritable anomalie en ce qui concerne les générateurs à vapeur. En effet, les 18 réacteurs d’EDF ont été arrêtés afin de procéder à des vérifications par un organisme de certification nucléaire. Il faut dire que ce type de défaut nécessite un contrôle du système électrique français et de disposer de suffisamment de marges afin de faire face à l’arrêt de plusieurs réacteurs. Le gendarme du nucléaire en a alors profité pour dresser un bilan alarmant de l’état de la situation nucléaire en France. En effet, Areva, EDF et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives connaissent de sérieuses difficultés financières, d’autant plus que les enjeux concernant la sécurité nucléaire ne vont pas cesser de croître à l’horizon 2017-2020.

L’ASN va rendre un avis en 2019

D’ici 2019, l’Autorité de Sureté Nucléaire va rendre un avis et celui-ci va porter sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawatts (MW) au-delà de 40 ans. L’autorité va aussi devoir se prononcer dès cette année sur les options de sûreté de stockage en installation souterraine des déchets radioactifs de haute et moyenne activité. À noter que le contexte doit surtout inciter les acteurs du nucléaire tel qu’un organisme de certification, à une plus grande vigilance surtout lorsqu’on sait que la sûreté reste prioritaire. L’autorité indique surtout qu’elle va prêter attention aux capacités techniques et financières des industriels de même que leur maintien en leur sein des compétences clés en sûreté nucléaire.

Un débat toujours présent

D’abord relancé, le débat sur le nucléaire suscite encore toutes les passions. En effet, on s’achemine, selon les objectifs du gouvernement, vers l’abandon pur et simple du nucléaire d’ici 2050. Le pays a, d’ailleurs, déjà enclenché sa transition verte sur plusieurs secteurs. Il faudra alors s’attendre à plus d’hésitation en ce qui concerne le prolongement de la vie de certains réacteurs dont la fin de cycle est annoncée pour bientôt.